Appel à la création d’une plateforme unitaire de luttes à Nancy

vendredi 15 février 2013
 

Confédération Nationale du Travail (CNT)

Camarades,

En mai dernier, le Parti Socialiste a repris les rênes du pouvoir.
Beaucoup s’attendaient à un changement de politique en faveur du monde du travail qui ne cesse de subir la crise capitaliste.

Licenciements massifs et fermetures de sites (Arcelor, PSA, Renault, Fralib, etc.), baisse de salaires et précarité accrue conjuguées à une détérioration rapide des conditions de travail, chantage à l’emploi exercé par le patronat à l’endroit des organisations syndicales et des salarié-e-s sont plus que jamais d’actualité. Pire, ces pratiques et politiques sont dorénavant appliquées avec zèle. Le patronat, dans la lutte des classes, est bel et bien aujourd’hui à l’initiative et rien ne vient perturber sa stratégie de « refondation sociale ». Quant aux travailleurs et travailleuses, ils attendent toujours la loi contre les licenciements des entreprises faisant des profits promise par François HOLLANDE durant la campagne présidentielle. Le délégué CGT Goodyear d’Amiens l’a encore récemment rappelé. Nous en sommes à l’heure des trahisons. Edouard MARTIN, délégué CFDT, peut en témoigner, obligé de s’enchaîner aux portes de Matignon pour être entendu. Comme sous l’UMP et Sarkozy, la réponse fut policière. Qu’il est loin le temps de la campagne électorale et des belles paroles.

Dans le même temps et corrélativement à ce désastre social, on assiste à une continuité des politiques répressives à l’endroit des chômeurs, des précaires et des pauvres en général. Jamais le pays n’a connu un nombre si important de travailleurs pauvres et de pauvres sans travail. Les pressions à Pôle Emploi (avec les radiations), les temps partiels imposés, les brimades et actes de répression en tout genre, etc. sont légions.

La hausse du coût de la vie est exponentiel : loyers, nourriture, santé, gaz, électricité, transports… tous les besoins élémentaires sont en constante augmentation. Les classes populaires n’arrivent plus à s’en sortir et la paupérisation est généralisée.

De plus, les politiques énergétiques et agricoles actuelles sont en passe de détruire la planète. Entre le tout nucléaire, le gaz de schiste, les pesticides, les OGM, l’agriculture et l’élevage intensifs, les monopoles des semenciers, tout est fait pour favoriser le grand capital au détriment de politiques solidaires et écologiques.

Enfin, les minorités sont toujours stigmatisées. Les reculs du gouvernement dans le cadre du mariage pour tous, notamment concernant le droit à l’adoption et la Procréation Médicalement Assistée, ou encore sur les politiques migratoires qui frappent encore et toujours plus les sans papiers, les Roms et les étrangers en général sont là pour nous démontrer le manque de courage politique manifeste de ce gouvernent.

De cette situation, où l’argent coule à flot afin de financer les avions et missiles de Dassault au Mali, c’est l’extrême droite xénophobe et populiste qui a l’avantage, réussissant à se faire passer pour ce qu’elle n’est pas : un courant politique au service des classes populaires et de leurs intérêts. L’islamophobie qu’elle véhicule tend à inonder l’ensemble de la société. Le racisme est de plus en plus latent et violent. Nous devons combattre sans compromission tous ceux et toutes celles qui divisent notre classe sociale entre français et étrangers.

De ce triste constat et dans ce contexte, la CNT estime urgent une riposte unitaire de toutes les organisations syndicales, politiques et associatives qui, dans une logique de transformation sociale démocratique, anticapitaliste et internationaliste, s’opposent aux politiques d’austérité, au racisme et à la destruction de tous les droits sociaux.
Elle appelle tous les collectifs militants à dépasser, à la base, les logiques sectaires et bureaucratiques qui n’ont de cesse d’affaiblir les dynamiques de luttes.

D’ailleurs ces dernières ne sont pas rares. Partout les résistances existent. De PSA d’Aulnay Sous Bois aux Fralib de Marseille, des écolos radicaux de Notre-Dame-des-Landes aux ouvriers de Florange, des salarié-e-s de l’Éducation Nationale de la Région Parisienne ou de l’ensemble de la fonction publique à ces milliers de travailleurs ou de travailleuses du privé, rarement dans l’Histoire les points de conflits et de résistances englobant une telle somme et diversité de questions sociales, dans une période de bouleversement sociaux et politiques couplés à une crise économique mondiale aiguë, ne sont apparus.

La responsabilité de tous ceux et toutes celles œuvrant pour la justice sociale de faire l’unité dans la rue est devant nous, immédiate, urgente si ce n’est vitale. Au delà d’une stricte opposition sémantique dans les instances représentatives , nous devons gagner par la lutte des embauches, des hausses de salaires, la régularisation de tous les sans papiers, l’amnistie pour les militant-e-s du mouvement social, l’amélioration des conditions de travail, d’études, de logement et de santé, et construire à terme un autre projet de société pour un autre futur.

C’est dans la perspective d’amplifier les luttes en débattant et créant les possibilités de convergences que la CNT appelle

  • toutes les sections syndicales et syndicats d’industries, des simples adhérent-e-s à ceux et celles assumant des responsabilités au sein des organisations et des instances représentatives du personnel ;
  • tous les collectifs de luttes populaires qui luttent ici contre une fermeture de service public, là pour l’égalité des droits ou là-bas encore pour la régularisation des sans papiers ;
  • toutes les associations d’Éducation Populaire, qui développent les savoirs et l’émancipation des classes populaires et subissent aux quotidiens les conséquences des politiques de coupes budgétaires ;
  • toutes les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne et les différentes coopératives qui militent au quotidien pour une vision différente de l’agriculture et des échanges au même titre que les structures qui placent au cœur de leurs réflexions et actions politiques l’écologie et la décroissance ;
  • toutes les organisations politiques allant de la gauche radicale anti-autoritaire aux libertaires, et qui œuvrent au quotidien pour la démocratie à la base, la justice sociale, l’égalité des droits et les libertés individuelles et collectives ;

à se réunir le mardi 12 mars 2013 à partir de 19 heures :

  • à Nancy, au Centre Culturel Autogéré (CCAN), 69 rue de Mon-Désert ;

Ordre du jour proposé :
- Tour de table et débat sur la situation sociale, économique et politique et les attentes des différentes structures participantes.
- Définition d’une plate forme de revendications et de fonctionnement commune.
- Mise en place des différentes initiatives communes ainsi que d’un calendrier de rencontre.

 
L’interco54 cnt



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