Crise porcine : Un éleveur parle

Une crise des gros élevages

lundi 24 août 2015
 

Paysan costarmori­cain réce­mment à la re­traite et dont la ferme à été re­prise par un de ses enfants, ancien éleveur de porcs sur pai­lle (320 porcs à l’engrais), de vo­lai­lles labels et bre­bis vi­ande, sur une ex­ploitation de 44 hectares dont 70% en herbe, ayant traversé to­utes les crises depuis 40 ans, syndi­caliste dans les rangs de la Confédération paysanne, élu régional de Bre­tagne sous la bannière d’Europe éco­logie les Verts, René Louail so­uligne, dans l’en­tre­tien qu’il a accordé à GLOBALmagazine, la singularité de la crise po­rcine d’aujourd’hui, inco­mparable aux précédentes.

"La crise révèle un problème de valeur ajoutée et non pas de res­tructuration de l’agri­culture"
 
René Louail, paysan bre­ton

Source : http://www.globalmagazine.info/meli...

GLOBALmagazine  : Depuis les années 80, l’élevage po­rcin est régulière­ment en crise. Crises qui, à chaque fois, concentrent la production entre les mains des plus gros éleve­urs. En clair, le no­mbre d’éleve­urs de porcs ne cesse de diminuer mais le no­mbre de porcs produits reste le même, voire augmente. Cette crise va-t-elle aussi concen­trer la production comme les précédentes ?

René Louail  : Pendant longte­mps, dans les années 80-90, les crises étaient cy­cliques au niveau européen mais asso­rties d’un phénomène de balancier inte­rnati­onal : quand on avait des cours élevés en Europe ils étaient faibles aux Etats-Unis et vice-ve­rsa. Il y avait différents mécanismes qui permettaient d’amortir une crise conjoncture­lle. Ces mécanismes ont progre­ssi­ve­ment diminué car tout le monde est sur les mêmes marchés : quand le prix du co­chon est bas à un bout à l’autre de la planète on a auto­mati­que­ment des effets néfastes partout.

Depuis les années 2000, et notamment le passage de Mari­ann Fi­sher-Boel à la Co­mmission européenne (femme po­litique danoise, Co­mmissaire européenne à l’agri­culture de 2004 à 2009, NDLR), on a en Europe la vo­lonté de détruire les outils de gestion des marchés : on a de moins en moins la po­ssi­bi­lité d’inter­venir avant et pendant une crise. Avant, on a des outils stati­stiques pour agir à temps et pendant la crise on peut prendre la déci­sion po­litique soit de sto­cker, soit d’expo­rter, soit de diminuer le cheptel. Aujourd’hui, nous so­mmes sans outils comme un po­mpier sans lance à eau devant un incendie.

Gm : Le porc n’est pas le seul se­cteur en crise. Il en est de même pour la vi­ande bo­vine et le lait. C’est toute l’agri­culture qui va mal ?

R.L. : Non.​Les crises des production animales arrivent à un mo­ment où les céréaliers se po­rtent très bien. Les rende­ments 2015 sont élevés, notamment sur la partie nord de la France et de l’Europe, et les prix des céréales sont extrême­ment corre­cts. Des rende­ments élevés et des prix élevés, il faut le dire, or les pre­miers clients des céréaliers sont les éleve­urs. Ces derniers sont dans des systèmes de production de plus en plus granivores : normal pour les animaux granivores comme les vo­lai­lles et le porc tandis que pour les vaches laitières c’est dicté par la tai­lle et le mode indus­tri­els des élevages. En effet, plus les tro­upe­aux sont grands, moins on les met à l’herbe et en plus on cherche la ration alimentaire qui fera produire le maximum de lait, d’ai­lleurs aux dépens de la durée de vie de l’animal. Avec cette dépendance céréalière, les éleve­urs sont de plus en plus vulnérables.

Gm : Il y a donc des intérêts antagoniques entre éleve­urs et céréaliers ?

R.L. : Je n’ai entendu, ni lu, personne rappe­ler au cours de cette crise que Xavier Be­ulin, président de la FNSEA, avait pro­mis la création d’un fond de so­lidarité entre les éleve­urs et les céréaliers. Cette pro­messe était son pre­mier grand geste de président de la FNSEA. Lui, grand céréalier, aux manettes d’outils impo­rtants au niveau céréalier, parlait de déve­lopper une plus grande so­lidarité entre céréaliers et éleve­urs… Il l’avait même annoncé à François Ho­llande, lors d’un en­tre­tien à l’E­lysée en 2012. On annonçait un fonds de 100 mi­l­lions d’euros… Depuis, plus rien, il ne l’a jamais mis en place. Et depuis le début de cette crise, je n’ai pas entendu Xavier Be­ulin en parler. Et pas un média lui rappe­lle sa pro­messe.

Gm : En quoi cette crise po­rcine est-elle différente des précédentes ?

R.L. : Nous so­mmes aujourd’hui exposés à une crise plus vi­o­lente que par le passé car pendant très longte­mps les plus gros éleve­urs laissaient mourir les pe­tits éleve­urs, ce qui permettait d’amortir la crise. Les pe­tits se­rvaient de vari­able d’ajuste­ment. Aujourd’hui, c’est plutôt l’inve­rse qui se passe. Les pe­tits qui ont survécu – qui sont plutôt des moyens – ont résisté en mettant en place des systèmes de production avec un lien plus fort entre le no­mbre d’animaux élevés et la surface agri­cole de la ferme, ce qui par ai­lleurs est une pre­uve de ci­vi­sme. Ces éleve­urs ti­ennent mieux le coup dans cette crise que les gros éleve­urs qui ont inve­sti énormément, qui ont bouffé la ferme du vo­isin, qui ont acheté du foncier à prix élevé et le gros matériel qui va avec de te­lles tai­lles d’ex­ploitation. C’est donc une crise qui to­uche plutôt les gros, modernisés et endettés. C’est un vrai change­ment de nature de la crise. A partir de ce constat, je ne de­mande pas à ce que la co­llecti­vité vi­enne en aide à des gens qui ont bouffé leurs vo­isins.

Gm. : On parle be­aucoup du poids du marché au cadran de Plérin sur le prix du porc…

R.L. : Ce­rtes, le « marché au cadran » est un yoyo mais qui ne conce­rne que 12% de la production régionale et qui néanmoins sert de prix indi­cateur à tout le reste, mais avec cette tai­lle là ce n’est pas un marché ! Le plus impo­rtant est de décry­pter ceux qui s’y affrontent. D’un côté, il y a Le­clerc et Inte­rmarché qui valorisent ce qu’ils achètent « au cadran » sur le marché intérieur et qui le vendent très bien, ce qui leur permet d’acheter plus cher ; de l’autre côté, il y a la Co­operl qui est allé jouer les gros muscles en Corée, en Chine et partout… Il y a 30% de la production qui part à l’export… aujourd’hui la Co­operl et ses se­m­blables s’y confrontent aux Alle­mands, aux Danois et, comme ils perdent, ils de­mandent une harmonisation des règles pour être compéti­tifs. Nos coopératives ont fait pire que les en­tre­prises privées. Les en­tre­prises en vrais gesti­onnaires ont valorisé sur le marché intérieur, les coopératives ont joué au concours du plus gros à l’internati­onal et elles ont perdu.

Gm. : Même si l’on envi­sage l’export comme un moyen d’ajuste­ment du marché intérieur, les échanges inte­rnati­onaux existent et sont inévi­tables, non ?

R.L. : Nous so­mmes dans une si­tuation géopo­litique extrême­ment fragile, c’est aussi un point qui parti­cipe du change­ment de nature de la crise actue­lle. L’e­mbargo avec la Russie, les dévaluati­ons succe­ssives de la monnaie chinoise so­ulignent que l’Union européenne n’est pas capable d’affronter la compéti­tion infernale inte­rnati­onale, car la Chine peut et va s’ap­pro­vi­si­onner dans d’autres espaces, comme le Brésil. Face à des pays qui dévaluent, nous so­mmes incapables de vendre nos côte­lettes et nos litres de lait.

Gm. : On a l’im­pre­ssion que le gouve­rne­ment de François Ho­llande n’a pas vu venir la crise agri­cole, po­urtant, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agri­culture, a été député européen, en charge pour le parti so­ci­aliste de la Po­litique agri­cole co­mmune. Il est donc au fait des dossi­ers agri­coles. Qu’en pensez-vous ?

R.L. : La myopie po­litique du gouve­rne­ment est le quatrième aspect singulier de cette crise. Paradoxe pour un connaisseur des questi­ons agri­coles, Stéphane Le Foll n’a rien vu venir et le syndi­calisme majori­taire en profite. Depuis 2012, pour avoir la paix so­ci­ale dans les campagnes, le ministre de l’agri­culture cède sur tous les dossi­ers à problème. Au lieu de répondre par des réponses po­litiques aux crises d’aujourd’hui, le ministre donne des moyens pour res­tructurer l’agri­culture. La plus grande partie des aides oc­troyées depuis deux ans sont des aides à l’inve­sti­sse­ment, sans vi­si­bi­lité : aide à la méthanisation, aide pour le fameux PMBE - le plan de modernisation des bâti­ments d’élevage. Les agri­culte­urs ont inve­sti, résultat, du lait plein les tuyaux, des co­chons pleins les camions ! En résumé, le ministre a fait le contraire de ce qu’il fallait faire. Il n’a pas vu que la crise avait changé de nature ; que les réponses apportées sont de court terme. Ce n’est pas un problème de res­tructuration de l’agri­culture mais un problème de valeur ajoutée. Les paysans capables d’aller sur des systèmes économes, peu fragiles, moins endettés vont sur le marché intérieur ; ceux qui vont faire des concours de caïds sur le marché inte­rnati­onal de­mandent et continueront de de­mander aux po­uvo­irs publics des moyens nouve­aux pour équi­li­brer leurs fins de mois.

Derrière cette crise se dessine aussi une inflexion po­litique de tai­lle : on est en train de mettre les po­uvo­irs public en condition de négo­cier la pro­chaine Po­litique agri­cole co­mmune, en 2021, dans le sens d’une plus grande libéralisation, en accord avec le traité trans­atlantique en négo­ci­ation. Ce pro­jet se résume à placer l’agri­culture sous un système assuranciel : des assurances privées assurent les re­venus des agri­culte­urs mais ces derniers ont des subventi­ons publiques pour payer les primes d’assurance, ce qui leur permet d’affronter le marché mondial. Dans ce système, déjà en place aux Etats unis, les pe­tits paysans sont ex­clus.

Gm. : A vos yeux, que­lles sont les so­luti­ons pour réso­udre cette crise générale de l’élevage ?

R.L. : La charge princi­pale d’un élevage, c’est l’alimentation. Elle pèse en moyenne 60% du prix de re­vi­ent. Pour so­rtir les producti­ons animales de ce système des­tructeur, il faut, première­ment, mettre au point une indexation du prix des producti­ons animales sur le prix des céréales. Deuxième­ment, il faut re­mettre en place un outil européen de pro­te­ction douanière. Quand on a trop de production, on n’est pas obligé d’en impo­rter ! Il faut que l’on protège notre agri­culture et avec elle la liberté de nos modes alimentaires. Tro­isième­ment, il faut que les aides européennes et nati­onales à la production agri­cole so­ient re-calibrées pour s’ori­enter vers une agri­culture qui réponde aux en­jeux so­ci­aux et sociétaux comme la qualité gustative de la nourri­ture, le climat , la pro­te­ction de la bi­odive­rsité et la juste rétri­bution des paysans. Les aides que l’on donne aujourd’hui aux grandes ex­ploitati­ons pour qu’e­lles devi­ennent encore plus gro­sses et qui parti­cipent à vider les campagnes, ce sont, je pèse mes mots, des aides to­xiques. Je considère que s’il y a des écono­mies d’éche­lle, je ne vois pas po­ur­quoi on donne des aides aux plus gros, aux plus puissants. Il faut plafonner les aides publiques. Comme on donne des aides aux 50 pre­miers hectares, on po­urrait limiter les aides aux 200 000 pre­miers litres de lait, aux 1000 pre­miers co­chons en temps de crise etc… On so­uti­endrait ainsi le déve­loppe­ment d’une agri­culture dive­rsifiée sur tout le te­rri­to­ire. Au-delà, ceux qui ve­ulent jouer aux gros bras et au système libéral, qu’ils le fassent avec leur argent mais pas avec les deniers publics. Avec un peu de vo­lonté po­litique, cela peut se mettre en place d’ici 2021 et façonner la pro­chaine PAC. Si on veut traiter l’agri­culture comme n’impo­rte quel autre se­cteur indus­triel, on va vider les campagnes et on passera notre temps à dis­tri­buer de l’argent pour corriger les erre­urs.

Gm. : Cette question est pour le conse­i­ller régional que vous êtes : vo­yez-vous un lien entre l’or­ches­tration syndi­cale de la crise et les pro­chaines électi­ons régionales ? En clair, la crise de l’élevage est–elle à un degré ou un autre ins­trumentalisée par l’oppo­si­tion au gouve­rne­ment ?

R.L. : C’est évident, la crise est ins­trumentalisé par un lobby qui veut passer de la si­m­plifi­cation à la dérégulation. A un cro­ire Xavier Be­ulin, l’agri­culture française va mal à cause des normes, à cause l’ap­pli­cation séri­euse, contrôlée, des normes envi­ronne­mentales européennes et du carcan adminis­tratif français, entendez les charges so­ci­ales. Il y a que­lques jours, se se­rvant de la crise actue­lle pour en­trer en campagne, Ni­co­las Sarkosy s’est fait l’écho du président de la FNSEA en déclarant « Il faut réinventer notre système, sur la base d’une baisse massive des charges et d’un reflux des normes, qu’e­lles so­ient européennes et françaises ». Cela veut dire que l’on va tirer la qualité de la production vers le bas, vers la malbo­uffe pour nourrir les pauvres, parce qu’il y a de plus en plus de pauvres. Alors que dans une démo­cratie comme le nôtre on de­vrait s’arrêter en pre­mier lieu aux inégalités so­ci­ales et tirer tout vers le haut. On ne peut pas réduire l’agri­culture a sa fonction de production. Elle a aussi une fonction d’aménage­ment du te­rri­to­ire, de prése­rvation de la qualité de l’eau, de la bi­odive­rsité. La déclaration de Ni­co­las Sarkozy, avec les mêmes slogans que Xavier Be­ulin n’est pas un hasard. Stéphane Le Foll, François Ho­llande et Manuel Valls ont déjà dérégulé, la Dro­ite aspire à faire le reste du che­min en profitant des électi­ons régionales pour continuer à casser la ferme, d’autant qu’il y a une partie du budget agri­cole (le deuxième pi­lier de la PAC ) qui est géré par les Régions.

Gm. : Ce constat n’éclaire-t-il pas le peu de prise qu’on les régions sur leur réalité te­rri­to­ri­ale ?

R.L. : Les Régions ont une marge de manoeuvre limitée, mais elles l’ont. Même si il faut suivre l’es­prit de la PAC, personne n’o­blige à Bruxe­lles de faire en région des Plans de modernisation des bâti­ments d’élevage, ça c’est pure­ment français… Les régions, majori­taire­ment à gauche, ont suivi la po­litique nati­onale imposée par Valls, Ho­llande et Le Foll. Au lieu de s’émanci­per en disant « voilà ce que l’on veut faire », les régions ont acco­mpagné la dire­ction nati­onale dans la gestion de 2/3 des finance­ments publics de l’agri­culture. Le gouve­rne­ment s’est plié aux vo­lontés de la FNSEA sous menaces de déso­rdre dans les campagnes…​il a donné et a eu aussi le déso­rdre.

Gm. : Oui, côté déso­rdre, ça se pose là …

R.L. : On a affaire à une po­litique d’ayato­llah du genre « si vous ne faites pas ce que je veux, vous avez le pétard sur la tempe ». L’an dernier, les légumiers de la FNSEA ont incendié le bâti­ment de la Mutualité so­ci­ale agri­cole et le centre des impôts de Morlaix. Aucune inter­pe­llation. Idem pour les des­tructi­ons de po­rtiques de l’écotaxes. A contrario, on po­ursuit les syndi­calistes non-vi­o­lents de la Confédération paysanne pour leur oppo­si­tion à la ferme des 1000 vaches. Comme la pre­ssion vi­o­lente se­mble mar­cher, les syndi­calistes FNSEA se disent qu’ils pe­uvent encore aller plus loin et les voilà ces derniers jours à déve­rser des re­morques de fumier un peu partout. Il y en a partout, c’est vrai­ment la honte. Les gro­sses fermes sont venus vider leurs po­ube­lles sur les rond-po­int. C’est un mépris scandaleux pour les ci­to­yens et l’argent des contri­buables. Quand on reçoit 9,2 mi­l­liards de la PAC aux­quels s’ajoutent 4,6 mi­l­liards du ministère de l’agri­culture et l’argent des co­llecti­vités te­rri­to­ri­ales, soit en gros 150 euros par Français, on ne se co­mpo­rte pas ainsi. Une fami­lle de 4 personnes, qui donne donc 600 euros par an reçoit en re­merci­e­ment… du fumier plein la figure. Ce n’est plus de l’inci­vi­lité, c’est une insulte. Cette si­tuation pose sur la place publique la question de la légiti­mité des aides à l’agri­culture. Des aides, je le répète, to­xiques.

 


99% des porcs dans 50% des fermes

Pas to­ujours si­mple d’avoir des stati­stiques agri­coles conçues pour une lecture grand public. En 2010, la France métro­po­litaine co­mptait 22 300 ex­ploitati­ons qui élevaient des porcs, contre 59 500 en 2000. Soit une perte de 62,5 % des ex­ploitati­ons sur tout le pays (on monte à 2/3 de dispari­tion en Bre­tagne). Co­mparati­ve­ment, la production de porc est passée de 14 869 000 en 2000 à 13 800 000 en 2012 soit une diminution de 6,8%, ce qui montre bien la ruine des pe­tits éleve­urs au profit des gros. To­ujours selon le ministère, 99 % de la production était réalisée par 11 500 élevages qui détenaient plus de 100 porcs ou 20 truies. Sur cette période 2000-2010, la tai­lle moyenne des ate­liers po­rcins a été multi­pliée par 2,5 sur la période pour atte­indre 620 porcs.

Les dernières esti­mati­ons (2013) du ministère de l’Agri­culture donnent 19 688 ex­ploitati­ons po­rcines en 2013 et 13 322 897 porcs en 2014. On reste dans la même dyn­amique de concen­tration de la production.G.L.


Source : http://www.globalmagazine.info/meli...



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