Perdre l’usage d’un œil suite à un tir de flashball - Ce qui nous relie


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Le 6 et 7 mars 2012, le policier qui a tiré au flash ball sur Pierre, le privant de l’usage d’un œil, passe en procès au TGI de Nantes. Joachim comparaîtra comme témoin à la demande de Pierre. Joan sera également présent.

Ce qui nous relie, c’est d’avoir perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flash ball. Pierre lors de l’occupation du rectorat de Nantes pendant le mouvement contre la loi LRU [1] qui met en place la destruction de l’enseignement public. Joan, l’année suivante à Toulouse, au cours du même mouvement, lors d’une autoréduction [2] pour dénoncer la précarité étudiante. Joachim lors d’une manifestation contre l’expulsion d’un squat à Montreuil [3].

Ce qui nous relie, c’est notre volonté d’être solidaires face à la violence de la police.

Ce qui nous relie, c’est d’affirmer qu’il ne s’agissait pas de bavures. La police nous a ostensiblement visés à la tête.

En ce qui concerne Pierre, le policier se situait à une dizaine de mètres. Il était armé d’un flash ball LBD 40, d’une grande précision. Pierre était statique. Le policier ne pouvait manquer sa cible. En ce qui concerne Joan, le policier a tiré sur lui alors que l’action était terminée et que les étudiants-grévistes s’éloignaient pour rejoindre la manifestation interprofessionnelle. En ce qui concerne Joachim, les policiers ont tiré une dizaine de fois. Quatre manifestants ont été touchés au-dessus de l’épaule, à la nuque, au front, à la clavicule et à l’œil. Chaque tir aurait pu mutiler. Dans les trois cas, il y avait une volonté très claire, au plus haut niveau, de faire mal, d’en mutiler un pour terroriser tous les autres.

Ce qui nous relie, c’est de vouloir dire qu’il ne s’agit pas de cas isolés. Cela est arrivé à beaucoup d’autres. On ne compte plus les personnes mutilées ou tuées par la police.

Ce qui nous relie, c’est l’arme avec laquelle nous avons été frappés : un flash ball. Comment qualifier cette arme, maintenant très répandue dans la police, qu’elle utilise comme on use d’une matraque ? Une arme qui terrorise. Une arme avec laquelle la police a de nouveau le droit de tirer sur la population. Une arme avec laquelle elle tire à toute occasion : 2787 tirs de flash ball pour l’année 2011. Un arme qui dit : « Rentrez chez vous et n’en sortez plus ».

Ce qui nous relie, c’est de vouloir rattacher la violence dont nous avons été la cible, à la violence quotidienne de la police : le harcèlement de certains quartiers, la traque des sans-papiers, les expulsions des gens de leurs logements, les délires anti-terroristes à l’encontre de nos amis, la criminalisation de tous ceux qui sortent du rang.

Ce qui nous relie, c’est d’avoir voulu, coûte que coûte, ne pas céder à la peur, retourner dans la rue, lutter.

Nous serons ensemble le 6 et 7 mars 2012 au TGI de Nantes.

Pierre, Joan et Joachim.

Mercredi 7 mars à 14h à Nantes : Rassemblement devant le palais de justice

http://27novembre2007.blogspot.com/

 

Notes :

[1] Pour mieux appréhender la centralité de l’école dans la société usine : Dix Thèses sur l’Université Productive (Cristal qui songe, 1997), ainsi que Inévitablement (après l’école), Julie Roux, enseignante, chômeur, philosophe et chauffeur-livreur.

[2] Voir Autoréductions à Toulouse, Grenoble, Lille, Paris, Nantes, Caen, Rennes.

[3] Voir : 8 juillet 2009 - Chasse à l’opposant à Montreuil : la police vise la tête, un manifestant perd un oeil et ce texte diffusé peut après : Mais que fait la police ?


Perdre l’usage d’un œil suite à un tir de flashball, Pierre et ses proches

Il y a quatre ans, Pierre a perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball lors de l’occupation du rectorat de Nantes au cours du mouvement contre la loi LRU [1]. Le policier qui lui a tiré dessus passe en procès le mardi 6 et mercredi 7 mars.
C’est le premier procès mettant en cause un policier ayant mutilé une personne au flashball lors d’un mouvement social.

Depuis, nombreuses sont les personnes qui ont été blessées par cette nouvelle arme introduit par Claude Guéant en 2005. Parmi eux, on compte beaucoup de jeunes des quartiers populaires, des enfants et des manifestants.

Quatre parmi eux seront au procès pour témoigner leur solidarité à Pierre et dire leur refus des violences de la police et de l’impunité dont elle bénéficie.

Seront présents au procès le 6 et 7 mars au TGI de Nantes :
. Pierre, lycéen mutilé à l’œil lors de l’occupation du rectorat de Nantes dans le cadre du mouvement contre la loi LRU (comme plaignant)
. Joachim, mutilé à l’œil alors qu’il manifestait contre l’expulsion d’un squat à Montreuil [2]
. Joan, étudiant mutilé à l’œil, lors d’une autoréduction à Toulouse [3] dans le cadre du mouvement contre la loi LRU 2
. Geoffrey, lycéen mutilé à l’œil, encore à Montreuil, alors qu’il occupait son lycée dans le cadre du mouvement contre la réforme des retraites [4].

Par leur présence commune à ce procès, ils veulent dire que ce qui est arrivé à Pierre, n’est pas un acte isolé, n’est pas une bavure. Pour chaque cas, on retrouve la même intention de faire mal, d’en mutiler un pour terroriser tous les autres. De la part du gouvernement cela se traduit par : « Il est temps de réprimer le mouvement ». De la part du préfet par : « Vous avez carte blanche ». De la part du policier, par un tir de flashball ajusté en plein visage.

Si la justice relaxe le policer, c’est une carte blanche à tous les policiers pour continuer à mutiler impunément. Pierre et Geoffrey dans leurs lycées, Joan dans son université, Joachim dans son quartier luttaient pour un avenir fait de solidarités plutôt que de concurrence de tous contre tous. Il n’en faut pas plus aujourd’hui, pour être mutilé par la police. Qu’en sera-t-il demain ?

Pierre et ses proches.

 

 

Lire aussi :

Un flashball ne bave pas (à propos du rapport de la CNDS sur le 8 juillet 2009 à Montreuil)

 

 

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